LA DETENTION AU SENEGAL

Le Sénégal compte 37 établissements pénitentiaires : 32 Maisons d'arrêt et de correction, 2 maisons d'arrêt (Dakar), 2 camps pénaux (Liberté VI et Koutal) et une maison de correction à Sébikotane (ferme prison). La plupart de ces établissements ont été ouverts à l'époque coloniale (en 1836 pour la prison de Saint Louis).

Il y a deux prisons pour femmes (MAF de Liberté VI à Dakar ouverte en 1998 avec le concours de CI-BITI, et de Rufisque). Une prison pour mineurs à l'ex Fort B (MAC de Dakar Hann), totalement réaménagé en 1998 par Ci-Biti, un "pavillon spécial " à l'Hôpital le Dantec pour les détenus malades. 

L'Administration Pénitentiaire est placée sous la tutelle du Ministère de la Justice depuis 1998. De 2008 à 2015. le Directeur de l'Administration Pénitentiaire était un Haut Magistrat. Depuis 2015, l'Administration Pénitentiaire est à nouveau dirigée par un Colonel de Gendarmerie, aujourd'hui le Colonel Jean Bertrand Bocande depuis décembre 2017.

La capacité d'accueil théorique des prisons au Sénégal est de 3.000 places environ. Selon un rapport de janvier 2017 (source www.prison-insider.com), le Sénégal compte quelque 9 500 détenus, dont près de 4 000 prévenus (plus de 42% non encore jugés). Le nombre des femmes détenues avoisine les 300, celui des mineurs est d'environ 450.

Le taux d'occupation au niveau national est de 117,3 %, chiffre non significatif tant les disparités régionales sont grandes., la Région du Cap Vert, notamment la MAC de Rebeuss détenant le record de la surpopulation carcérale. Surpopulation qui entraine promiscuité et conditions de détention particulièrement difficiles .

Le budget d'entretien alloué par l'Administration Pénitentiaire par détenu et par jour est de 1 000 FCFA (environ 1,5 €), essentiellement consacré à la nourriture.

Les locaux sont le plus souvent vétustes, inadaptés, fortement dégradés, parfois à la limite de l'insalubrité, avec des chambrées pouvant accueillir dans une même pièce plus d'une centaine de personnes pour y passer les nuits. Situation qui va à l'encontre d' un plein exercice des droits de l'homme dans la détention.

Maison d'arrêt de Rebeuss (dit 100 m2)

Logo de l'Administration Pénitentiaire au Sénégal

MAF LIBERTE VI créée en 1998

local ouvert en 1995 à l'initiative

de Ci-Biti.

Des programmes ambitieux et des réformes en cours

Des projets d'envergure sont régulièrement annoncés pour remédier à cette situation inacceptable dans un Etat de droit. Par exemple, début 2015, la construction de 7 prisons de 500 places dans les Régions. Le déplacement éventuel de la Maison d'Arrêt de Rebeuss dans une nouvelle prison de 1500 places. L'ouverture d'une Ecole Nationale de l'Administration Pénitentiaire (ENAP) pour une formation plus adaptée des surveillants. Des unités hospitalières sécurisées également dans les Régions.

L'impact logistique et les problèmes soulevés par un tel programme ne doivent pas être sousestimés : le transfert des détenus entre une prison décentralisée et le Palais de Justice, celui des magistrats et des avocats. Sans doute un accès à la prison plus difficile pour les familles et les associations de soutien des détenus qui contribue à la paix sociale, etc...

Si de nouvelles prisons doivent être construites, elles ne doivent pas être conçues uniquement comme des lieux de privation de liberté, dans une perspective "tout sécuritaire" comme trop souvent exigée. Les prisons sont aussi des lieux de "sociabilisation", d'apprentissage d'une démarche responsable, de formation par le travail, de préparation à la réinsertion. Le contact avec la société civile est une exigence qui doit rester ouverte.

 

L'emprisonnement reste souvent une école du vice (grâce à Dieu ! le Sénégal n'est pas un pays de grande délinquance). Si des mesures spécifiques ne sont pas prises (peines alternatives par ex.), l'enfermement ne facilite en rien la réinsertion et après une détention sèche, la récidive est avérée.

Il pourrait être également possible au Sénégal d'ouvrir des établissements de "semi-liberté" ou des centres d'aménagement de peine comme en Suède, au Canada, en France et ailleurs. Des sortes de prisons sans barreaux ! La ferme prison de Sébikotane aurait pu préfigurer la généralisation d'un dispositif plus souple au Sénégal. Les infrastructures inaugurées avec solennité par le Ministre de la Justice en avril 2008, ont été démantelées et dilapidées deux ans après (2010) du fait de l’un de ses directeurs.

Il faut noter cependant les initiatives lancées par certaines ou certains directeurs de prisons, attentifs à satisfaire des attentes identifiées. Un projet de pouponnière à la MAF de Liberté VI est en gestation pour accueillir les bébés et leurs mères (on ne sépare pas l'enfant de moins de trois ans de sa mère). Une boulangerie industrielle a été ouverte en 2013 à l'initiative du DAP pour servir du pain frais chaque jour aux détenus de la Région du Cap Vert.

Ces initiatives témoignent de la volonté de la Direction de l'Adminitration Pénitentiaire qui reste à l'écoute des détenus et tente d'y répondre au mieux.

MAC pour mineurs de HANN (ex Fort B).

Embouche bovine à la MAC de KOLDA dans les années 1990

Inauguration de la Ferme prison de SEBIKOTANE (avril 2008)

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