LA DETENTION AU SENEGAL

Le Sénégal compte 37 établissements pénitentiaires : 32 Maisons d'arrêt et de correction, 2 maisons d'arrêt (Dakar), 2 camps pénaux (Liberté VI et Koutal) et une maison de correction à Sébikotane (ferme prison). La plupart de ces établissements ont été ouverts à l'époque coloniale (en 1836 pour la prison de Saint Louis).

Il y a deux prisons pour femmes (MAF de Liberté VI ouverte en 1998 et de Rufisque). Une prison pour mineurs à l'ex Fort B (MAC de Dakar Hann), un "pavillon spécial " à l'Hôpital le Dantec pour les détenus malades. 

L'Administration Pénitentiaire est placée sous la tutelle du Ministère de la Justice depuis 1998. L'actuel Directeur est un haut magistrat. La capacité d'accueil théorique des prisons au Sénégal est de 3.000 places environ. Mais l'effectif carcéral dépasse les 7.000 détenus. 36.000 personnes ont été incarcérées en 2014.

Du fait de la lenteur des procédures judiciaires, près de la moitié des détenus est constituée de "prévenus", donc en détention provisoire, non encore jugés (46,55 % en 2014). La surpopulation carcérale, surtout dans la Région de Dakar qui accueille plus de 40% de la population carcérale du Sénégal, est donc une situation endémique et un problème majeur que les Directeurs des établissements doivent gérer. Elle entraine promiscuité et conditions de détention particulièrement difficiles .

Le budget de fonctionnement de l'Administration Pénitentiaire par détenu et par jour est de 723 F CFA en 2014 (1,10 €).

Les locaux sont le plus souvent vétustes, inadaptés, fortement dégradés, parfois à la limite de l'insalubrité, avec des chambrées pouvant accueillir dans une même pièce plus d'une centaine de personnes pour y passer les nuits. Situation qui constitue un obstacle objectif à un plein exercice des droits de l'homme dans la détention.

Logo de l'Administration Pénitentiaire au Sénégal

Maison d'arrêt de Rebeuss (dit 100 m2)

Des programmes ambitieux et des réformes majeures

Des projets d'envergure sont régulièrement avancés pour remédier à cette situation inacceptable dans un Etat de droit. Annoncée début 2015, la construction de 7 prisons de 500 places dans les Régions. Le déplacement de la Maison d'Arrêt de Rebeuss à Sébikotane (à 40 km environ du Palais de Justice) dans une nouvelle prison de 1500 places. L'ouverture d'une Ecole Nationale de l'Administration Pénitentiaire (ENAP) pour une formation plus adaptée des surveillants (un Directeur a déjà été nommé). Des unités hospitalières sécurisées également dans les Régions.

L'impact logistique d'un tel programme ne doit pas être sousestimé : le transfert des détenus entre Sébikotane et le Palais de Justice, celui des magistrats et des avocats. Sans doute un accès à la prison plus difficile pour les familles et les associations de soutien des détenus qui contribue à la paix sociale, etc...

Si de nouvelles prisons doivent être construites, elles ne doivent pas être uniquement des lieux de privation de liberté, dans une perspective "tout sécuritaire" comme trop souvent exigée. Les prisons sont aussi des lieux de "resocialisation", d'apprentissage d'une démarche responsable, de formation par le travail, de préparation à la réinsertion. Le contact avec la société civile est une exigence qui doit rester ouverte.

L'architecture des prisons oriente de façon directe et irrémédiable l'organisation de la détention et la vie des détenus.

S'il est fait appel à des financements de type P.P.P. (Partenarait Public Privé), alors le pire est à craindre. Les entreprises qui auront construit les prisons étant rémunérées sur le prix de pension, donc sur le taux d'occupation des lieux, la surpopulation carcérale redevient inévitable et la mise en place de solutions alternatives à l'enfermement, impossible.

Au delà de l'annonce de ce programme d'investissement , M. Sidiki KABA, Garde des Sceaux a révélé début avril 2015 les grandes lignes d'une réforme pénale avec des "innovations majeures"  qui visent principalement à réduire la surpopulation carcérale et à renforcer "l'équité dans la justice".

- réduire les délais de jugement à deux ans par la mise en place de "chambres criminelles"  qui fonctionneront de façon permanente chaque fois qu'il y aura des crimes à juger. Ces chambres sont appelées à remplacer les deux sessions annuelles de la Cour d'Assises qui allongeaient les durées de détention préventive.

- aménager la détention de courte durée avec des peines alternatives par des travaux d'intérêt général.

Chacun sait, même si certains le contestent par préjugé ou méconnaissance, que l'emprisonnement est souvent une école du vice (grâce à Dieu ! le Sénégal n'est pas un pays de grande délinquance), qu'elle ne facilite en rien la réinsertion et qu'après une détention sèche, la récidive est avérée.

Il pourrait être également possible au Sénégal d'ouvrir des établissements de "semi-liberté" ou des centres d'aménagement de peine comme en Suède, au Canada, en France et ailleurs. Des sortes de prisons sans barreaux ! La ferme prison de Sébikotane aurait pu préfigurer la généralisation d'un dispositif plus souple, mais cet établissement a malheureusement cessé, depuis plusieurs années, d'être un exemple.


MAC pour mineurs de HANN (ex Fort B).

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